Des mains en train de remplir un certificat de salaire à un bureau en Suisse
20
août 2026
Conseiller

Chaque année, les employeurs suisses doivent établir un certificat de salaire pour chacun de leurs collaborateurs salariés. Ce document officiel, également appelé formulaire 11, récapitule l’ensemble des rémunérations, prestations et avantages en nature reçus par un employé durant une année civile. Il constitue une pièce essentielle pour la déclaration fiscale du collaborateur et permet aux autorités fiscales de déterminer correctement les éléments imposables.

Pour les entreprises, remplir un certificat de salaire suisse demande une attention particulière. La structure du document est standardisée, mais certaines rubriques nécessitent une bonne compréhension des règles applicables aux salaires, aux avantages accessoires, aux frais professionnels ou encore aux cotisations sociales. Une erreur dans la déclaration d’un élément peut entraîner des demandes de correction de la part des administrations fiscales et compliquer la gestion administrative de l’employeur.

Que vous soyez une PME suisse, une entreprise étrangère employant du personnel en Suisse ou une société en croissance avec plusieurs collaborateurs, maîtriser le fonctionnement du certificat de salaire vous permet de sécuriser vos obligations RH et payroll.

Dans ce guide, nous expliquons comment remplir correctement les différentes rubriques du certificat de salaire suisse, quelles informations doivent y figurer et quels points nécessitent une vigilance particulière.

Le certificat de salaire en Suisse

Le certificat de salaire suisse est un document officiel qui permet de communiquer aux autorités fiscales les éléments liés à la rémunération annuelle d’un collaborateur. Il reprend non seulement le salaire versé, mais également les différentes prestations qui peuvent avoir une valeur économique pour l’employé.

L’employeur doit établir un certificat de salaire pour chaque personne exerçant une activité dépendante au sein de l’entreprise. Le document est ensuite transmis au collaborateur afin qu’il puisse l’utiliser dans le cadre de sa déclaration d’impôt.

Son objectif principal est d’assurer une présentation transparente et uniforme des revenus. Grâce à ce formulaire standardisé, les administrations fiscales cantonales et fédérales disposent d’une base fiable pour déterminer les éléments à prendre en compte dans le calcul de l’imposition.

Le certificat de salaire ne concerne donc pas uniquement le salaire fixe mensuel. Il doit également intégrer différentes catégories de prestations, notamment :

  • les éléments variables de rémunération comme les bonus ou gratifications ;
  • certains avantages en nature fournis par l’employeur ;
  • les participations de collaborateurs ;
  • certaines indemnités ou prestations particulières ;
  • les déductions sociales appliquées sur le salaire.

Pour l’employeur, ce document représente une étape importante de la gestion annuelle de la paie. Sa préparation nécessite de disposer d’informations fiables sur l’ensemble des éléments versés ou accordés au collaborateur pendant l’année concernée.

Le certificat de salaire repose sur les directives établies par les autorités fiscales suisses, notamment la Conférence suisse des impôts (CSI) et l’Administration fédérale des contributions (AFC). Ces directives précisent la manière dont les différentes prestations doivent être déclarées afin d’assurer une pratique homogène entre les entreprises et les cantons.

Une attention particulière doit être portée aux avantages qui ne prennent pas la forme d’un versement financier direct. Par exemple, un véhicule de fonction utilisable à titre privé ou certaines prestations offertes par l’entreprise peuvent constituer des avantages imposables qui doivent être déclarés correctement.

Le certificat de salaire joue ainsi un rôle central dans la relation entre trois acteurs :

  • l’employeur, qui est responsable de l’établissement correct du document ;
  • le collaborateur, qui l’utilise pour remplir ses obligations fiscales ;
  • les autorités fiscales, qui s’appuient sur ces informations pour calculer l’impôt.

Pour cette raison, le remplissage du formulaire ne doit pas être considéré comme une simple formalité administrative. Il nécessite une bonne maîtrise des règles de déclaration applicables aux différents éléments de rémunération.

Remplir les informations générales du certificat de salaire (cases A à I)

Avant de renseigner les montants liés à la rémunération, l’employeur doit compléter les informations générales qui permettent d’identifier le document, le collaborateur concerné et la période fiscale. Ces premières rubriques constituent la base administrative du certificat de salaire et doivent être remplies avec précision.

Identifier le collaborateur et la période concernée

La première étape consiste à indiquer la nature du document. La case A doit être cochée lorsqu’il s’agit d’un certificat de salaire lié à une activité dépendante, par opposition à une attestation concernant des prestations de rente.

La case C permet ensuite d’identifier le collaborateur grâce à son numéro AVS à 13 chiffres ainsi qu’à sa date de naissance. Le numéro AVS est une donnée essentielle dans le système suisse de sécurité sociale et doit être renseigné avec exactitude lors de la déclaration des salaires AVS.

La période fiscale doit être indiquée dans les cases D et E.

La case D correspond à l’année civile concernée par le certificat. La case E permet quant à elle de mentionner les dates exactes d’entrée et de sortie du collaborateur dans l’entreprise.

Lorsqu’un employé a travaillé durant toute l’année civile, la période indiquée correspond généralement au 1er janvier jusqu’au 31 décembre. En revanche, lorsqu’un collaborateur a rejoint l’entreprise en cours d’année ou a quitté son poste avant la fin de l’exercice, seules les dates réelles d’activité doivent apparaître.

Pour les collaborateurs temporaires ayant effectué plusieurs missions auprès du même employeur au cours d’une même année, il convient d’indiquer la période allant du premier jour du premier engagement au dernier jour du dernier engagement. La situation doit ensuite être précisée dans les observations du certificat afin d’éviter toute ambiguïté.

Déclarer les avantages liés au transport et aux repas

Les cases F et G concernent certaines prestations proposées par l’employeur dans le cadre de la vie professionnelle quotidienne.

La case F doit être cochée lorsque le collaborateur bénéficie d’un transport gratuit entre son domicile et son lieu de travail.

C’est notamment le cas lorsqu’une entreprise met à disposition un véhicule de fonction utilisable également à titre privé. La part privée forfaitaire liée au véhicule couvre alors également les trajets domicile-travail selon les règles applicables.

Cette case doit également être renseignée lorsque l’employeur fournit un abonnement général de transports publics pour des raisons professionnelles ou organise directement un transport collectif permettant aux collaborateurs de se rendre sur leur lieu de travail.

La case G concerne les repas. Elle doit être cochée lorsque l’entreprise propose une cantine avec des repas à prix réduit ou lorsqu’elle fournit des chèques-repas respectant les limites prévues par les directives fiscales.

Cette indication doit être mentionnée même si l’employeur ne sait pas si le collaborateur utilise effectivement la prestation concernée. Le certificat doit refléter l’avantage mis à disposition, et non uniquement son utilisation réelle.

Compléter les coordonnées et valider le document

La case H est réservée à l’adresse actuelle du domicile du collaborateur au moment de l’établissement du certificat de salaire. Cette information doit être indiquée de manière complète afin de permettre l’envoi correct du document.

La case I concerne les informations relatives à l’employeur. Elle doit mentionner le lieu et la date d’établissement du certificat ainsi que le nom et l’adresse complète de l’entreprise. Elle doit également identifier la personne responsable du remplissage du certificat et indiquer son numéro de téléphone, afin que l’autorité fiscale puisse la contacter en cas de question.

Le document doit normalement être validé par la personne responsable de son établissement, qu’il s’agisse de l’employeur lui-même ou d’un mandataire chargé de la gestion administrative.

Toutefois, lorsque les certificats de salaire sont générés automatiquement par un logiciel de traitement des salaires certifié utilisant un système électronique reconnu, une signature manuscrite n’est généralement pas nécessaire. Elle devient toutefois requise lorsque des modifications ou ajouts sont effectués manuellement après l’établissement automatique du document.

Ces premières rubriques permettent donc de garantir que le certificat de salaire est correctement identifié avant d’aborder les éléments financiers. Une fois ces informations administratives complétées, l’employeur peut renseigner les différentes composantes de la rémunération et des prestations accordées au collaborateur.

Déclarer le salaire brut et les prestations (chiffres 1 à 8)

La partie financière du certificat de salaire suisse constitue l’une des sections les plus importantes du formulaire. Elle permet de présenter l’ensemble des éléments qui composent la rémunération annuelle du collaborateur, qu’il s’agisse du salaire versé directement, des prestations variables ou encore des avantages accordés sous une autre forme.

Pour l’employeur, l’objectif est de distinguer correctement les différentes catégories de revenus afin que chaque prestation soit déclarée dans la rubrique appropriée. Cette distinction est essentielle, car certains éléments peuvent avoir un traitement fiscal spécifique et doivent apparaître séparément du salaire de base.

Les chiffres 1 à 8 permettent ainsi de retracer la rémunération globale du collaborateur sur l’année concernée, depuis le salaire brut jusqu’aux différentes prestations particulières.

Le salaire brut et les prestations non périodiques (chiffres 1 et 3)

Le chiffre 1 correspond au salaire brut total versé au collaborateur pendant l’année fiscale.

Il comprend l’ensemble des rémunérations régulières liées à l’activité professionnelle, notamment :

  • le salaire mensuel fixe ;
  • un éventuel 13e salaire ;
  • les allocations versées directement par l’employeur ;
  • certaines indemnités régulières liées aux conditions de travail.

Le montant indiqué doit refléter la rémunération brute effectivement versée durant l’année concernée avant les différentes retenues sociales et fiscales.

Les allocations ou prestations complémentaires qui font partie de la rémunération doivent également être intégrées dans cette rubrique. Cela peut notamment concerner des allocations de naissance, des allocations pour enfants lorsque celles-ci sont versées par l’entreprise, ou encore certaines indemnités liées à des contraintes particulières comme le travail de nuit ou des conditions de déplacement spécifiques.

Lorsque les allocations familiales sont directement versées par une caisse de compensation et non par l’employeur, elles ne sont pas intégrées comme une prestation versée par l’entreprise. Dans ce cas, il est recommandé de préciser cette situation dans les observations du certificat de salaire afin d’éviter toute confusion.

Le chiffre 3 concerne quant à lui les prestations non périodiques. Il s’agit des revenus qui ne sont pas versés de manière régulière chaque mois et qui interviennent généralement de manière ponctuelle.

On y retrouve notamment :

  • les bonus liés aux performances ;
  • les primes exceptionnelles ;
  • les gratifications ;
  • les primes de fidélité ;
  • certains cadeaux en espèces liés à l’ancienneté ;
  • les indemnités forfaitaires de déménagement prises en charge par l’employeur pour des raisons professionnelles.

Déclarer ces montants séparément est dans l’intérêt du collaborateur lorsque le rapport de travail ne couvre pas toute l’année civile. Lorsque le collaborateur a été employé durant toute l’année, l’employeur peut renoncer à cette déclaration séparée et intégrer le montant au chiffre 1 comme élément de salaire.

Cette distinction est particulièrement importante pour les employés qui n’ont pas travaillé durant toute l’année. Une prime exceptionnelle intégrée au salaire courant pourrait entraîner une mauvaise compréhension de la rémunération annuelle et compliquer certains calculs fiscaux, notamment en cas d’imposition à la source.

Les avantages en nature et la part privée du véhicule (chiffre 2)

Le chiffre 2 concerne les prestations salariales accessoires, c’est-à-dire les avantages qui ne sont pas versés directement sous forme d’argent, mais qui représentent une valeur économique pour le collaborateur.

Ces prestations doivent être déclarées lorsqu’elles constituent un avantage privé accordé par l’employeur.

Le chiffre 2.1 concerne notamment la pension et le logement fournis gratuitement ou à des conditions avantageuses par l’entreprise. Leur valeur doit être déterminée selon les forfaits prévus par les règles fiscales suisses.

Le chiffre 2.2 concerne la part privée liée à l’utilisation d’un véhicule de fonction.

Lorsqu’un collaborateur peut utiliser un véhicule d’entreprise pour ses déplacements privés, cet avantage doit être déclaré sur le certificat de salaire. Le calcul repose sur une part privée forfaitaire correspondant à 0,9 % par mois du prix d’achat du véhicule, équipements spéciaux compris et hors TVA, avec un minimum de 150 CHF par mois lorsque ce prix d’achat est inférieur à 16 667 CHF. Pour un véhicule en leasing, le prix d’achat au comptant indiqué dans le contrat de leasing, hors TVA, remplace le prix d’achat.

Par exemple, pour un véhicule dont le prix d'achat s'élève à 50 000 CHF hors TVA :

  • 0,9 % de 50 000 CHF correspond à 450 CHF par mois ;
  • l’avantage privé annuel à déclarer s’élève donc à 5 400 CHF.

Si le collaborateur participe financièrement à l’utilisation du véhicule, cette contribution personnelle vient réduire le montant de l’avantage privé à déclarer. Pour un véhicule acheté 50 000 CHF hors TVA, un collaborateur qui verse 200 CHF par mois à son employeur a donc une part privée de 3 000 CHF à déclarer, soit 5 400 CHF moins les 2 400 CHF déjà payés.

Lorsque la participation atteint ou dépasse la part privée, il n’y a plus rien à déclarer au chiffre 2.2 et la mention « Part privée payée par le collaborateur » doit figurer au chiffre 15. L’excédent ne peut pas être porté en négatif.

La situation est différente lorsque le collaborateur supporte lui-même des coûts considérables, par exemple l’ensemble de l’entretien, des assurances, du carburant et des réparations. Prendre en charge le seul carburant, ou les seuls frais de recharge d’un véhicule électrique, ne suffit pas. Dans ce cas, aucun montant n’est déclaré au chiffre 2.2 et l’employeur inscrit la mention « Part privée véhicule d’entreprise à clarifier dans la procédure de taxation » au chiffre 15.

La gestion correcte de cette rubrique est importante, car l’utilisation privée d’un véhicule constitue un avantage imposable qui doit être intégré dans la rémunération déclarée.

Le chiffre 2.3 concerne les autres prestations accessoires. Cette rubrique peut notamment inclure :

  • la valeur d’un abonnement général de transports publics lorsqu’il n’est pas justifié par des besoins professionnels ;
  • certains avantages liés aux chèques REKA lorsque le rabais accordé dépasse les limites fiscales admises.

L’employeur doit donc analyser chaque avantage accordé afin de déterminer s’il doit être mentionné dans cette partie du certificat.

Les autres prestations, capitaux et participations (chiffres 4 à 7)

Certaines rémunérations particulières ne correspondent ni au salaire courant ni aux avantages en nature classiques. Elles disposent donc de rubriques spécifiques dans le certificat de salaire.

Le chiffre 4 concerne les prestations en capital.

Il peut notamment s’agir :

  • d’indemnités de départ ayant un caractère de prévoyance ;
  • de certaines prestations versées après le décès d’un collaborateur, comme la continuation du versement du salaire en faveur des survivants.

Le chiffre 5 concerne les droits de participation des collaborateurs.

Lorsque l’entreprise attribue des actions, options ou autres participations à ses employés, leur valeur doit être déclarée dans cette rubrique. L’employeur doit également fournir une feuille annexe détaillant le calcul de l’avantage accordé.

Cette annexe permet notamment d’expliquer la valeur retenue, généralement déterminée en fonction de la valeur du titre ou du droit de participation au moment concerné, après prise en compte du prix éventuellement payé par le collaborateur.

Le chiffre 6 concerne les indemnités versées aux membres de l’administration.

Il comprend notamment les prestations telles que :

  • les tantièmes ;
  • les jetons de présence ;
  • certaines rémunérations liées à une fonction d’administrateur.

Le chiffre 7 regroupe les prestations qui ne trouvent pas leur place dans les rubriques précédentes.

Cette catégorie peut notamment inclure :

  • les allocations pour perte de gain (APG), lorsqu’elles sont versées par l’intermédiaire de l’employeur et ne sont pas déjà déclarées au chiffre 1 ;
  • certaines indemnités journalières d’assurances sociales transitant par l’entreprise ;
  • les impôts à la source pris en charge directement par l’employeur ;
  • les contributions de l’employeur aux assurances du collaborateur ou de ses proches, notamment les primes d’assurance maladie et les formes de prévoyance libre (pilier 3b) ;
  • les contributions de l’employeur au pilier 3a, qu’elles soient retenues sur le salaire ou versées directement ;
  • les écolages des enfants du collaborateur pris en charge par l’employeur ;
  • les pourboires, lorsqu’ils représentent une part essentielle du salaire ;
  • les cotisations de prévoyance professionnelle normalement dues par le collaborateur, mais exceptionnellement prises en charge par l’employeur.

Dans ce dernier cas, le montant pris en charge constitue une prestation accordée au collaborateur. Il doit être ajouté au chiffre 7, puis reporté au chiffre 10 du certificat de salaire afin d’être pris en compte comme déduction. Les cotisations patronales ordinaires ne doivent pas être déclarées au chiffre 7. Il en va de même des cotisations de l’employeur à l’assurance-accidents obligatoire, professionnelle comme non professionnelle, ainsi qu’aux assurances collectives d’indemnités journalières maladie et aux assurances complémentaires accident conclues par l’entreprise.

Le chiffre 8 permet ensuite de totaliser les différents éléments déclarés afin d’obtenir le salaire brut total indiqué sur le certificat.

Déclarer les déductions sociales et fiscales (chiffres 9 à 12)

Après avoir renseigné les différents éléments qui composent la rémunération brute du collaborateur, l’employeur doit compléter les rubriques relatives aux déductions sociales et fiscales. Cette partie du certificat de salaire permet d’indiquer les montants retenus sur le salaire du collaborateur au cours de l’année.

Ces informations doivent correspondre aux montants réellement prélevés dans le cadre de la gestion de la paie. Une différence entre les données figurant sur les fiches de salaire et celles indiquées dans le certificat peut entraîner des demandes de clarification de la part des autorités fiscales ou nécessiter une correction administrative.

Les chiffres 9 à 12 concernent principalement les assurances sociales obligatoires, la prévoyance professionnelle, les rachats LPP et l’impôt à la source.

Les assurances sociales obligatoires (chiffre 9)

Le chiffre 9 regroupe les cotisations sociales obligatoires qui sont directement déduites du salaire du collaborateur.

Il correspond uniquement à la part salariale des assurances sociales, c’est-à-dire aux montants effectivement supportés par l’employé et retenus sur sa rémunération brute.

Cette rubrique comprend notamment :

  • les cotisations à l’Assurance-vieillesse et survivants (AVS) ;
  • les cotisations à l’Assurance-invalidité (AI) ;
  • les contributions aux Allocations pour perte de gain (APG) ;
  • les cotisations à l’Assurance-chômage (AC) ;
  • les primes liées à l’assurance-accidents non professionnels (AANP).

Ces retenues constituent les principales déductions sociales appliquées sur un salaire suisse. Elles permettent de financer les différents régimes de protection sociale auxquels les travailleurs sont affiliés.

L’employeur doit toutefois veiller à ne pas intégrer dans cette rubrique des assurances qui relèvent d’autres catégories.

Certaines dépenses ne doivent notamment pas apparaître dans le chiffre 9, même si elles peuvent être prélevées directement sur le salaire du collaborateur.

C’est notamment le cas :

  • des primes d’assurance maladie obligatoire (LAMal), qui relèvent de la responsabilité privée du collaborateur et qui sont déclarées au chiffre 7 lorsque l’employeur les prend en charge ;
  • des primes d’assurance indemnités journalières maladie (IJM) lorsqu’elles sont assumées par le salarié ;
  • des primes d’assurances complémentaires accident qui ne font pas partie des assurances sociales obligatoires.

Ces éléments ne constituent pas des déductions sociales obligatoires au sens du certificat de salaire et ne doivent donc pas être intégrés dans cette rubrique.

Pour l’employeur, la bonne distinction entre les différentes catégories de retenues est essentielle. Le certificat de salaire doit refléter uniquement les montants qui correspondent aux obligations sociales prévues par le système suisse.

La prévoyance professionnelle LPP et les rachats (chiffre 10)

Le chiffre 10 concerne les cotisations à la prévoyance professionnelle, également appelée deuxième pilier, qui sont comprises dans le salaire brut et déductibles selon les règles du certificat de salaire.

Il comprend les cotisations normalement retenues sur le salaire du collaborateur. Lorsque l’employeur prend en charge une cotisation qui aurait dû être supportée par le collaborateur, le montant est d’abord déclaré au chiffre 7 comme autre prestation, puis reporté au chiffre 10 pour déduction.

Le chiffre 10.1 concerne les cotisations ordinaires à la prévoyance professionnelle. Le chiffre 10.2 concerne les rachats LPP effectués par l’intermédiaire de l’employeur.

Les cotisations ordinaires LPP (chiffre 10.1)

Le chiffre 10.1 correspond aux cotisations ordinaires versées dans le cadre du deuxième pilier.

Il comprend les montants prélevés sur le salaire du collaborateur conformément :

  • aux exigences légales minimales ;
  • au règlement de la caisse de pension choisie par l’entreprise ;
  • au plan de prévoyance applicable au collaborateur.

Ces montants doivent correspondre aux retenues réellement effectuées durant l’année.

Pour l’employeur, il est important que les données transmises dans le certificat de salaire soient cohérentes avec les informations fournies par l’institution de prévoyance et avec les bulletins de salaire mensuels.

La LPP étant intégrée dans le fonctionnement global de la rémunération suisse, toute modification du statut du collaborateur, du salaire assuré ou du plan de prévoyance peut avoir une influence sur les montants déclarés.

Les rachats dans la prévoyance professionnelle (chiffre 10.2)

Le chiffre 10.2 concerne les rachats LPP effectués volontairement par le collaborateur.

Un rachat permet à un assuré de combler une lacune de prévoyance afin d’augmenter son avoir vieillesse. Ces lacunes peuvent notamment apparaître dans certaines situations :

  • une arrivée en Suisse après le début de la carrière professionnelle ;
  • une période d’activité professionnelle réduite ;
  • une interruption de carrière ;
  • une évolution importante du salaire au cours du parcours professionnel.

Lorsque le collaborateur effectue un rachat et que celui-ci est retenu directement par l’employeur sur son salaire, le montant doit être mentionné dans cette rubrique.

Ces versements présentent un intérêt fiscal pour le collaborateur, car ils peuvent généralement être déduits du revenu imposable selon les règles applicables.

L’employeur doit toutefois veiller à une déclaration correcte. Les rachats effectués par l’intermédiaire du salaire doivent être reportés dans les documents nécessaires afin que le collaborateur puisse bénéficier du traitement fiscal prévu.

À noter que les versements effectués dans le cadre du pilier 3a ne figurent pas dans cette rubrique. Ils relèvent d’une autre forme de prévoyance individuelle et nécessitent, lorsqu’ils sont concernés, une attestation spécifique.

Le revenu net après déductions salariales (Chiffre 11)

Le chiffre 11 du certificat de salaire correspond au salaire net après déduction des différentes cotisations et retenues supportées par le collaborateur. Il constitue un élément de synthèse permettant de présenter le montant effectivement déterminant après prise en compte des principales charges sociales.

Ce montant est obtenu à partir du salaire brut total déclaré au chiffre 8, auquel sont ensuite soustraites les déductions mentionnées dans les rubriques précédentes, notamment :

  • les cotisations AVS/AI/APG ;
  • les cotisations à l’Assurance-chômage (AC) ;
  • les primes d’assurance-accidents non professionnels (AANP) ;
  • les cotisations ordinaires à la prévoyance professionnelle (LPP) ;
  • les éventuels rachats LPP effectués par le collaborateur via une retenue salariale ;
  • les autres retenues légalement applicables.

Le chiffre 11 ne correspond donc pas simplement au montant versé sur le compte bancaire du collaborateur. Il représente le revenu net calculé selon les règles du certificat de salaire, avant certains ajustements spécifiques pouvant intervenir selon la situation fiscale ou administrative du salarié.

Pour l’employeur, cette rubrique constitue un point de contrôle important. Les montants déclarés doivent correspondre aux données issues de la gestion de la paie et être cohérents avec les fiches de salaire établies durant l’année. Une divergence entre les retenues effectuées chaque mois et le certificat annuel peut entraîner des demandes de clarification de la part du collaborateur ou des autorités fiscales.

Une attention particulière doit également être portée aux collaborateurs soumis à l’impôt à la source, aux salariés bénéficiant d’avantages en nature ou aux situations impliquant des corrections en cours d’année. Le certificat de salaire doit refléter la réalité des rémunérations et des déductions effectivement appliquées sur la période fiscale concernée.

L’impôt à la source pour les collaborateurs concernés (chiffre 12)

Le chiffre 12 concerne l’impôt à la source retenu directement par l’employeur sur le salaire du collaborateur.

En Suisse, certaines catégories de travailleurs sont imposées à la source. Cela concerne notamment :

  • les collaborateurs étrangers ne disposant pas d’un permis C ;
  • certains travailleurs frontaliers selon les règles applicables ;
  • d’autres situations prévues par la législation fiscale.

Lorsque l’entreprise prélève l’impôt à la source sur le salaire, elle doit indiquer dans le certificat de salaire le montant total retenu durant l’année civile.

Le montant inscrit doit correspondre à l’impôt effectivement prélevé et doit être indiqué sans signe algébrique. Une seule exception est prévue : lorsque l’impôt à la source à rembourser par l’employeur dépasse le montant retenu durant l’année, la différence est déclarée en négatif et le montant remboursé doit alors être mentionné au chiffre 15.

L’employeur doit également apporter une attention particulière aux éventuels ajustements concernant des années fiscales précédentes. Si des montants relatifs à des périodes antérieures sont intégrés dans l’impôt à la source déclaré, une explication doit être ajoutée dans les observations du certificat.

Déclarer les frais professionnels et compléter les observations (chiffres 13 à 15)

La dernière partie du certificat de salaire suisse concerne les frais professionnels, certains avantages particuliers ainsi que les informations complémentaires nécessaires à la compréhension de la situation du collaborateur. Ces rubriques jouent un rôle important, car elles permettent aux autorités fiscales de distinguer les remboursements liés à l’activité professionnelle des éléments pouvant être considérés comme des avantages imposables.

Pour l’employeur, cette section demande une attention particulière. Les frais professionnels ne doivent pas être déclarés de manière approximative : leur traitement dépend notamment de la méthode de remboursement utilisée, de l’existence éventuelle d’un règlement approuvé par les autorités fiscales et de la nature des dépenses concernées.

Les chiffres 13 à 15 permettent ainsi de finaliser le certificat de salaire en apportant les précisions nécessaires sur les remboursements de frais, les prestations particulières et les situations individuelles.

Les frais professionnels effectifs et forfaitaires (chiffre 13)

Le chiffre 13 concerne les frais professionnels pris en charge par l’employeur.

Ces frais correspondent aux dépenses engagées par le collaborateur dans le cadre de son activité professionnelle et remboursées par l’entreprise. Leur déclaration dépend de la manière dont les remboursements sont effectués.

Il convient notamment de distinguer les frais effectifs des frais forfaitaires.

Les frais effectifs (chiffre 13.1)

Les frais effectifs correspondent aux dépenses réellement engagées par le collaborateur et remboursées par l’employeur sur la base de justificatifs ou selon des règles précises.

Ils peuvent notamment concerner :

  • les frais de déplacement professionnel ;
  • les repas pris dans le cadre du travail ;
  • les frais d’hébergement ;
  • certaines dépenses liées à des missions professionnelles.

Lorsque l’entreprise rembourse ces frais sur présentation de justificatifs originaux et respecte les conditions prévues par les directives fiscales, elle peut simplement cocher la case du chiffre 13.1.1 sans indiquer le montant total versé. Une réserve importante s’applique ici : lorsque l’entreprise dispose d’un règlement de frais approuvé par le canton de son siège, cette case ne doit précisément pas être cochée, la mention du règlement au chiffre 15 s’y substituant.

Ce traitement simplifié s’applique notamment lorsque les remboursements respectent les montants forfaitaires admis pour certaines dépenses courantes, comme les repas professionnels ou l’utilisation d’un véhicule privé à des fins professionnelles.

En revanche, lorsque les conditions nécessaires ne sont pas réunies, l’employeur doit déclarer le montant effectivement remboursé.

Le chiffre 13.1.2 concerne les autres frais effectifs qui ne correspondent pas aux catégories précédentes. Il peut notamment s’agir de frais spécifiques liés à certaines situations professionnelles, comme :

  • des dépenses liées au télétravail ou au bureau à domicile lorsque celles-ci sont prises en charge par l’entreprise ;
  • certains frais particuliers engagés par des collaborateurs expatriés ;
  • d’autres dépenses professionnelles remboursées sur justificatifs.

L’objectif est de permettre aux autorités fiscales d’identifier clairement la nature des montants versés.

Les frais forfaitaires (chiffre 13.2)

Les frais forfaitaires correspondent à des montants versés régulièrement par l’employeur afin de couvrir certaines dépenses professionnelles sans exiger la présentation systématique de justificatifs.

Contrairement aux frais effectifs, ils doivent être déclarés sous forme de montant dans le certificat de salaire.

Cette rubrique comprend notamment :

  • les forfaits de représentation ;
  • les forfaits liés à l’utilisation d’un véhicule ;
  • les autres forfaits de frais professionnels.

Même lorsqu’un règlement de frais a été validé par les autorités fiscales compétentes, les montants forfaitaires accordés au collaborateur doivent apparaître dans le certificat.

L’employeur doit donc conserver une documentation claire sur les règles appliquées afin de pouvoir justifier la nature des remboursements effectués.

Les contributions à la formation continue (chiffre 13.3)

Le chiffre 13.3 concerne les contributions de l’employeur à la formation continue ou à la reconversion professionnelle lorsque certaines conditions sont remplies.

Cette rubrique s’applique notamment lorsque :

  • la facture de formation est établie au nom du collaborateur ;
  • l’employeur rembourse ensuite cette dépense.

En revanche, lorsque l’entreprise paie directement un organisme de formation ou organise elle-même une formation interne, cette prestation n’a généralement pas à être déclarée dans cette rubrique.

Cette distinction permet de différencier une dépense professionnelle prise en charge par l’entreprise d’un avantage accordé directement au collaborateur.

Les exceptions et avantages à mentionner (chiffre 14)

Le chiffre 14 permet de signaler certains avantages en nature lorsque leur valeur exacte ne peut pas être déterminée facilement.

Cependant, toutes les prestations accordées par l’employeur ne doivent pas nécessairement être déclarées.

Les directives fiscales prévoient plusieurs exceptions pour des avantages considérés comme usuels ou de faible importance.

Il n’est notamment pas nécessaire de déclarer certains avantages comme :

  • la remise gratuite d’un abonnement demi-tarif ;
  • l’utilisation privée d’un téléphone ou d’un ordinateur portable professionnel ;
  • les participations à des cotisations d’associations et de clubs jusqu’à 1 000 CHF par cas, les abonnements de fitness étant expressément exclus de cette tolérance ;
  • les cadeaux usuels offerts à l’occasion d’événements particuliers lorsqu’ils respectent les montants admis.

Lorsque ces limites sont dépassées, c’est en principe le montant total qui doit être déclaré, et non uniquement l’excédent : au chiffre 2.3 pour les cadeaux en nature, et au chiffre 15 pour les participations à des cotisations d’associations et de clubs. Les rabais sur les chèques REKA font exception, puisque seule la part dépassant 600 CHF par an doit être déclarée.

En revanche, les cadeaux versés sous forme d’argent restent considérés comme une rémunération et doivent être traités comme tels.

Pour l’employeur, la distinction entre un avantage négligeable et un avantage imposable est donc essentielle. Une prestation qui semble anodine peut nécessiter une déclaration si elle dépasse les limites prévues ou si elle représente un véritable avantage économique pour le collaborateur.

Les observations obligatoires et les précisions complémentaires (chiffre 15)

Le chiffre 15 « Observations » joue un rôle essentiel dans le certificat de salaire. Il permet d’apporter des explications lorsque certaines situations particulières nécessitent un complément d’information.

Cette rubrique ne doit pas être utilisée comme un simple espace libre, mais comme un moyen de clarifier certains éléments déclarés dans le document.

Plusieurs mentions peuvent être obligatoires selon la situation.

L’employeur doit notamment indiquer :

  • l’existence d’un règlement de frais approuvé par les autorités fiscales, avec la référence correspondante ;
  • une participation financière du collaborateur concernant l’utilisation privée d’un véhicule de fonction ;
  • un engagement à temps partiel lorsque cette information est nécessaire ;
  • l’existence de plusieurs certificats de salaire établis pour un même collaborateur durant la même année.

Lorsqu’un employeur établit plusieurs certificats pour une seule année fiscale, il doit préciser leur ordre, par exemple en indiquant qu’il s’agit d’un certificat parmi plusieurs documents établis pour la période concernée.

Cette rubrique peut également servir à expliquer certaines situations particulières qui pourraient être mal interprétées sans précision complémentaire.

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Dans le cadre d’une gestion de paie conforme en Suisse, établir un certificat de salaire suisse demande bien plus qu’un simple report des données présentes sur les fiches de paie. L’employeur doit être capable d’identifier correctement chaque élément de rémunération, de distinguer les prestations imposables des remboursements professionnels et de suivre les évolutions réglementaires qui peuvent influencer les déclarations de salaires en Suisse.

Pour les entreprises suisses comme pour les sociétés étrangères qui emploient des collaborateurs en Suisse, cette gestion peut rapidement devenir complexe. Les avantages en nature, les frais professionnels, les cotisations sociales, l’impôt à la source ou encore les situations particulières liées aux collaborateurs internationaux nécessitent une approche rigoureuse afin d’éviter les erreurs administratives.

Chez Numeriq Payroll, nous accompagnons les entreprises dans la gestion de leur paie suisse et dans l’ensemble des obligations liées à l’administration des collaborateurs. Notre équipe prend en charge les processus nécessaires à l’établissement de certificats de salaire fiables, en s’appuyant sur une connaissance approfondie du système social et fiscal helvétique.

Grâce à notre expertise, nous aidons les employeurs à structurer leurs données de paie, à intégrer correctement les différents éléments de rémunération et à sécuriser les informations transmises aux collaborateurs et aux autorités concernées.

Notre équipe suisse cumule plus de 50 ans d’expérience dans les domaines du payroll, de l’administration RH et de la conformité sociale. Nous accompagnons aujourd’hui plus de 100 entreprises et assurons la gestion de la paie de plus de 1 000 consultants, avec un niveau d’exactitude de 99,9 % sur les traitements de paie.

Au-delà de la simple production des certificats de salaire, notre approche repose sur un accompagnement humain et personnalisé. Notre équipe multilingue basée en Suisse reste disponible pour répondre aux questions des employeurs et des collaborateurs, avec une assistance 24/7 adaptée aux besoins des entreprises. Grâce à un processus d’intégration structuré, notre équipe peut reprendre rapidement vos données de paie et organiser la mise en place de votre gestion salariale en limitant les interruptions pour vos équipes.

Que vous souhaitiez externaliser votre gestion salariale existante, recruter des collaborateurs en Suisse sans créer immédiatement une structure locale ou bénéficier d’un accompagnement spécialisé en tant qu’entreprise internationale, Numeriq Payroll vous aide à gérer vos obligations payroll avec davantage de simplicité, de transparence et de sérénité.

Un homme souriant, vêtu d'un polo bleu marine arborant le logo Numeriq Payroll, debout au bord de l'eau, avec en arrière-plan un paysage urbain, une fontaine à jets d'eau et un ciel bleu limpide.
Dorothée Pellet

Dorothée Pellet est cofondatrice et directrice financière de Numeriq Payroll. Forte de 20 ans d’expérience en comptabilité, dont les 10 dernières années dans le domaine de la gestion de la paie en Suisse, Dorothée gère tous les aspects financiers liés à la paie : fiscalité, bulletins de paie, facturation, paiements et conseil. Dorothée apprécie la précision qu’exige ce travail, ainsi que la confiance que les clients acquièrent en sachant que chaque chiffre est exact.

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