Des fiches récapitulatives de paie agrafées les unes aux autres sur un bureau en bois, prêtes pour la déclaration des salaires AVS
31
août 2026
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Chaque employeur suisse affilié à une caisse de compensation AVS est tenu de déclarer chaque année les salaires versés à ses collaborateurs. Cette démarche permet de calculer le montant définitif des cotisations sociales dues au titre de l'AVS, de l'AI, des APG et, le cas échéant, de l'assurance-chômage (AC). Bien qu'elle intervienne une fois par an, cette déclaration s'inscrit dans un processus de cotisations qui se déroule tout au long de l'année.

Pour éviter les régularisations, les intérêts moratoires ou les erreurs de calcul, il est essentiel de connaître les rémunérations à déclarer, les délais à respecter et les modalités de transmission à la caisse de compensation. Voici ce que tout employeur doit savoir sur la déclaration des salaires AVS.

Qu'est-ce que la déclaration des salaires AVS ?

La déclaration des salaires AVS est une obligation annuelle qui concerne tous les employeurs affiliés à une caisse de compensation. Elle permet de déclarer la masse salariale réellement versée au cours de l'année écoulée afin de calculer le montant exact des cotisations sociales dues.

Cette formalité ne remplace pas le paiement des cotisations effectué pendant l'année. Elle sert à vérifier que les acomptes déjà versés correspondent bien aux salaires effectivement versés aux collaborateurs.

À quoi sert la déclaration annuelle des salaires ?

En Suisse, les cotisations sociales des employeurs sont généralement versées sous forme d'acomptes mensuels ou trimestriels. Ces acomptes sont calculés sur la base d'une estimation de la masse salariale annuelle.

À la fin de l'exercice, l'employeur doit transmettre à sa caisse de compensation la masse salariale effective. Celle-ci compare alors les acomptes déjà encaissés avec les cotisations réellement dues.

La déclaration annuelle permet ainsi :

  • d'établir le décompte définitif des cotisations AVS, AI, APG et AC ;
  • de régulariser la situation si la masse salariale réelle diffère de l'estimation initiale ;
  • d'assurer que les salaires déclarés soient correctement inscrits sur les comptes individuels des collaborateurs, lesquels servent notamment au calcul de leurs futures prestations sociales.

Lorsque les acomptes versés sont insuffisants, l'employeur doit régler le solde restant. À l'inverse, si les acomptes étaient trop élevés, la caisse de compensation procède à un remboursement ou à une compensation selon les modalités applicables.

Qui doit effectuer cette déclaration ?

Toute entreprise employant du personnel et affiliée à une caisse de compensation AVS est concernée par cette obligation. La taille de l'entreprise ou son secteur d'activité n'y changent rien : dès lors qu'un employeur verse un salaire soumis aux cotisations sociales, il doit établir une déclaration annuelle.

Cette obligation concerne notamment :

  • les PME et grandes entreprises ;
  • les start-ups employant un ou plusieurs salariés ;
  • les associations ou fondations ayant du personnel ;
  • les sociétés étrangères qui emploient des collaborateurs en Suisse par l'intermédiaire d'une structure conforme.

Certaines très petites structures peuvent toutefois bénéficier d'une procédure de décompte simplifiée, qui prévoit un fonctionnement différent de la procédure ordinaire. Nous reviendrons sur ce dispositif plus loin dans cet article.

Quels salaires doivent être déclarés à l'AVS ?

La déclaration annuelle ne porte pas uniquement sur le salaire mensuel figurant dans le contrat de travail. Elle doit reprendre l'ensemble des rémunérations qui font partie du salaire déterminant, tel que défini par la législation AVS.

De manière générale, le salaire déterminant comprend toute rémunération versée en contrepartie d'une activité salariée, qu'elle soit versée en espèces ou sous forme d'avantages en nature. Certaines indemnités de remplacement sont également soumises à déclaration. Les directives sur le salaire déterminant dans l'AVS, l'AI et les APG précisent que toute rémunération liée à un rapport de travail dépendant entre dans le salaire déterminant, sauf exception prévue par la réglementation.

Les rémunérations en espèces

Les rémunérations en espèces constituent la majeure partie de la masse salariale déclarée. Elles regroupent tous les montants versés directement au collaborateur en contrepartie de son activité professionnelle.

Parmi les éléments à déclarer figurent notamment :

  • le salaire mensuel ou horaire ;
  • le 13e salaire ;
  • les bonus ;
  • les primes de rendement ;
  • les commissions ;
  • les gratifications ;
  • les autres compléments de rémunération liés à l'activité exercée.

Peu importe que ces montants soient versés régulièrement ou de manière exceptionnelle. Dès lors qu'ils rémunèrent le travail fourni, ils font généralement partie du salaire déterminant et doivent être intégrés à la déclaration annuelle. Les directives de l'OFAS sur le salaire déterminant dans l'AVS, l'AI et les APG précisent que les rémunérations peuvent être fixes, variables ou combiner les deux, par exemple sous la forme d'un salaire fixe complété par des commissions ou des primes.

Les avantages en nature

La déclaration ne concerne pas uniquement les sommes versées sur le compte bancaire des salariés. Certains avantages accordés par l'employeur sont également considérés comme des éléments du salaire déterminant.

C'est notamment le cas :

  • de la part privée d'un véhicule de fonction, évaluée selon les règles en vigueur ;
  • de la nourriture fournie par l'employeur ;
  • du logement mis gratuitement ou à prix réduit à disposition du collaborateur ;
  • plus largement, des prestations appréciables en argent accordées en raison des rapports de travail.

Par exemple, lorsqu'un salarié utilise un véhicule de fonction à des fins privées, cet avantage doit être valorisé et intégré dans le salaire soumis aux cotisations. Depuis 2022, la part privée est généralement évaluée à 0,9 % par mois du prix d'achat du véhicule, équipements spéciaux compris et hors TVA, avec un minimum de 150 CHF par mois.

La prise en compte de ces avantages est essentielle, car une omission peut entraîner une rectification du décompte lors d'un contrôle de la caisse de compensation.

Les indemnités de remplacement soumises à déclaration

Certaines indemnités versées en remplacement du salaire sont elles aussi assimilées à du salaire déterminant lorsqu'elles transitent par l'employeur.

Il s'agit notamment :

  • des allocations pour perte de gain (APG) ;
  • de certaines indemnités journalières de l'assurance-invalidité (AI) ;
  • des indemnités de l'assurance-chômage (AC) versées dans les situations prévues par la réglementation.

Ces prestations remplacent temporairement le revenu du salarié dans certaines situations, comme un service militaire, un congé indemnisé par les APG ou certains dispositifs relevant de l'AI ou de l'AC. Lorsqu'elles sont versées par l'intermédiaire de l'employeur, elles doivent être prises en compte dans la déclaration annuelle conformément aux règles applicables au salaire déterminant.

Comment effectuer la déclaration des salaires AVS ?

Une fois la masse salariale de l'année déterminée, l'employeur doit la transmettre à sa caisse de compensation. Les modalités de déclaration peuvent varier selon les caisses, mais elles reposent toutes sur le même objectif : transmettre des données fiables afin d'établir le décompte définitif des cotisations sociales.

Aujourd'hui, plusieurs solutions existent pour effectuer cette démarche, depuis la transmission automatisée via un logiciel de paie jusqu'à la saisie sur un portail en ligne ou l'utilisation d'un formulaire fourni par la caisse.

La déclaration via un logiciel certifié Swissdec (ELM)

Une méthode couramment utilisée consiste à transmettre la déclaration au format ELM, pour Einheitliches Lohnmeldeverfahren, la procédure unifiée de communication des salaires définie par la norme Swissdec.

Ce système permet à un logiciel de paie certifié de transmettre directement les données salariales à la caisse de compensation de manière sécurisée et standardisée. L'employeur n'a ainsi pas besoin de ressaisir les informations sur un portail ou dans un formulaire distinct.

Cette méthode présente plusieurs avantages :

  • une transmission rapide des données ;
  • une réduction des erreurs de saisie ;
  • une meilleure cohérence entre les informations de paie et celles transmises à la caisse ;
  • un gain de temps, notamment pour les entreprises ayant plusieurs collaborateurs.

La norme ELM est particulièrement adaptée aux PME qui souhaitent automatiser leurs obligations administratives et limiter les risques d'erreur lors de la déclaration annuelle.

Les portails en ligne des caisses de compensation

Les caisses de compensation mettent également à disposition des employeurs des plateformes sécurisées permettant de réaliser la déclaration directement en ligne.

La plupart des caisses disposent de leur propre portail employeur. Après authentification, l'employeur peut consulter son dossier, saisir ou importer les informations demandées et transmettre sa déclaration de manière entièrement dématérialisée. Le portail auquel vous avez accès dépend de la caisse à laquelle vous êtes affilié : il vaut donc la peine de vérifier ce que propose la vôtre.

Cette solution convient notamment aux entreprises qui ne disposent pas d'un logiciel de paie compatible avec la norme Swissdec ou qui effectuent elles-mêmes leur gestion administrative.

Selon les fonctionnalités proposées par chaque caisse, il est également possible de suivre l'état de la déclaration, de consulter les décomptes ou d'échanger des documents directement depuis l'espace en ligne.

Les fichiers Excel ou formulaires papier

Certaines caisses de compensation proposent encore des modèles de déclaration sous forme de fichiers Excel ou de formulaires papier.

L'employeur complète alors les informations demandées concernant les collaborateurs et les rémunérations soumises à cotisations avant de transmettre le document à sa caisse selon les modalités prévues.

Cette méthode reste adaptée aux structures ayant un faible nombre de salariés ou qui réalisent leur déclaration de manière ponctuelle. En revanche, elle implique davantage de saisie manuelle et offre moins de contrôles automatiques que les solutions électroniques.

Quelle que soit la méthode retenue, il est indispensable de vérifier que toutes les rémunérations soumises à cotisations ont bien été intégrées avant l'envoi de la déclaration. Une erreur ou un oubli peut conduire à une régularisation ultérieure par la caisse de compensation.

Quelles sont les échéances à respecter ?

La déclaration des salaires AVS s'inscrit dans un calendrier précis. Les employeurs ne règlent pas l'ensemble des cotisations en une seule fois à la fin de l'année : ils versent d'abord des acomptes, puis transmettent une déclaration annuelle qui permet de calculer le montant définitif des cotisations.

Le respect de ces échéances est essentiel pour éviter les intérêts moratoires et les régularisations tardives.

Les acomptes versés pendant l'année

Tout au long de l'année, l'employeur verse des acomptes à sa caisse de compensation.

Ces acomptes sont généralement dus chaque mois ou chaque trimestre, selon la situation de l'entreprise et les modalités fixées par la caisse. Leur montant est calculé à partir d'une estimation de la masse salariale annuelle.

Lorsque cette estimation évolue de manière significative au cours de l'année, l'employeur est légalement tenu d'en informer rapidement la caisse de compensation afin que les acomptes soient adaptés. C'est une obligation, pas une simple courtoisie, et c'est le moyen le plus simple de limiter l'écart entre les montants déjà versés et les cotisations réellement dues lors du décompte final.

La déclaration annuelle avant le 30 janvier

À la clôture de l'exercice, l'employeur doit communiquer la masse salariale effectivement versée au cours de l'année.

En règle générale, cette déclaration doit parvenir à la caisse de compensation dans les 30 jours suivant la fin de l'année, soit au plus tard le 30 janvier.

La caisse compare alors les acomptes déjà encaissés avec les cotisations calculées sur la base des salaires réellement versés.

Deux situations peuvent se présenter :

  • les acomptes correspondent aux cotisations dues : aucune régularisation importante n'est nécessaire ;
  • un écart existe entre les acomptes et le montant définitif : la caisse établit un décompte complémentaire ou procède à un remboursement, selon le cas.

Cette étape permet d'assurer que les cotisations AVS, AI, APG et AC sont calculées sur la masse salariale réelle de l'entreprise.

Que se passe-t-il en cas de retard ou d'erreur ?

Le non-respect des délais peut avoir des conséquences financières pour l'employeur.

Les intérêts moratoires ne relèvent pas d'une décision de la caisse de compensation : ils sont dus de plein droit, au taux de 5 % par an, calculés jour par jour. Deux situations les déclenchent. La première est une déclaration qui parvient à la caisse après le 30 janvier. Les intérêts courent alors rétroactivement depuis le 1er janvier, et non depuis le jour de l'envoi : une déclaration transmise en mars supporte donc près de trois mois d'intérêts. La seconde tient aux acomptes insuffisants : lorsque les montants facturés en cours d'année se révèlent inférieurs d'au moins 25 % aux cotisations réellement dues, des intérêts moratoires s'appliquent également.

Par ailleurs, une déclaration incomplète ou comportant des erreurs peut entraîner des demandes de correction ou des régularisations après contrôle. Celles-ci concernent notamment les rémunérations oubliées, les avantages en nature mal évalués ou certaines indemnités qui auraient dû être intégrées dans le salaire déterminant.

Pour limiter ces risques, il est recommandé de rapprocher régulièrement les données de paie, les acomptes versés et la masse salariale qui sera déclarée en fin d'année. Une préparation rigoureuse facilite l'établissement du décompte définitif et permet de respecter les obligations déclaratives dans les délais.

Comment déclarer la masse salariale pour les allocations familiales (CAF) ?

La déclaration annuelle des salaires ne sert pas uniquement au calcul des cotisations AVS, AI, APG et AC. Elle est également utilisée pour déterminer les cotisations dues au titre des allocations familiales (CAF).

Si ces deux déclarations reposent sur une même base salariale, les employeurs doivent toutefois prêter une attention particulière à la répartition de la masse salariale lorsque l'entreprise est établie dans plusieurs cantons.

Une masse salariale identique à celle soumise à l'AVS

En principe, la masse salariale soumise aux cotisations pour les allocations familiales est identique à celle retenue pour l'AVS, l'AI et les APG.

Autrement dit, les rémunérations qui font partie du salaire déterminant pour l'AVS sont également prises en compte pour le calcul des cotisations aux allocations familiales. Cette cohérence entre les deux déclarations permet d'assurer une base de calcul uniforme et d'éviter des écarts entre les différentes assurances sociales.

L'employeur doit donc veiller à utiliser la même masse salariale lorsqu'il établit sa déclaration annuelle, sauf disposition particulière prévue par la réglementation applicable.

Pourquoi répartir les salaires selon les cantons ?

Si la masse salariale est identique, son traitement diffère toutefois pour les allocations familiales.

En effet, les cotisations aux caisses de compensation pour allocations familiales sont fixées au niveau cantonal. Les taux peuvent donc varier d'un canton à l'autre.

Ce qui détermine le régime applicable n'est pas le lieu où travaille chaque collaborateur, mais le lieu où l'entreprise est établie. L'employeur est soumis au régime d'allocations familiales du canton dans lequel la société a son siège. Les succursales relèvent du régime du canton où elles se trouvent et doivent être affiliées à une caisse de ce canton.

Une entreprise disposant d'établissements dans plusieurs cantons répartit donc sa masse salariale entre eux, afin que chaque caisse puisse calculer correctement les cotisations applicables. Un collaborateur en télétravail depuis un autre canton reste rattaché à l'établissement dont il dépend, et non à son canton de domicile.

Une répartition correcte de la masse salariale facilite le traitement de la déclaration et limite le risque de régularisations ultérieures.

Dans quels cas la procédure de décompte simplifiée est-elle possible ?

Le système ordinaire de déclaration repose sur le versement d'acomptes tout au long de l'année, suivi d'une déclaration annuelle permettant d'établir le décompte définitif.

Toutefois, certaines petites structures peuvent bénéficier d'une procédure de décompte simplifiée.

Ce dispositif s'adresse notamment aux employeurs dont :

  • la masse salariale annuelle totale ne dépasse pas 60 480 CHF ;
  • la rémunération versée à chaque salarié ne dépasse pas 22 680 CHF par année.

Il est également utilisé dans certaines situations concernant le personnel de maison.

Avec cette procédure, l'employeur ne verse pas d'acomptes périodiques. Les cotisations sociales sont calculées et réglées en une seule fois sur la base de la déclaration annuelle.

Deux conditions passent facilement inaperçues. La procédure couvre aussi l'impôt à la source : l'employeur retient forfaitairement 5 % du salaire AVS, soit 0,5 % au titre de l'impôt fédéral direct et 4,5 % au titre des impôts cantonaux et communaux, et les verse à la caisse de compensation. Et c'est tout ou rien : l'ensemble des salaires versés par l'employeur doit être décompté selon la procédure simplifiée, pas seulement les plus modestes.

Ce système permet d'alléger les démarches administratives des très petites structures tout en garantissant le paiement des cotisations sociales dans le respect de la réglementation. En revanche, dès que les conditions d'accès ne sont plus remplies, l'employeur bascule vers la procédure ordinaire avec le versement d'acomptes pendant l'année.

La procédure simplifiée n'est toutefois pas ouverte aux sociétés de capitaux, telles que les SA et les Sàrl, ni aux sociétés coopératives. Elle ne peut pas non plus être utilisée pour le conjoint ou les enfants de l'employeur travaillant dans l'entreprise. Les montants ci-dessus valent pour 2026 et sont revus périodiquement : il vaut donc la peine de vérifier les chiffres en vigueur pour l'année de décompte concernée.

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Mike Mansell

Mike Mansell est cofondateur et directeur général de Numeriq Payroll. Fort de 16 ans d'expérience dans les ressources humaines et la gestion de la paie, il s'occupe des simulations salariales, des contrats et des questions relatives aux bulletins de paie et aux retraites. Il aime transformer les règles complexes de la paie en solutions claires et pratiques qui facilitent la vie tant des entreprises que des salariés.

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